Préparer son fichier d’exécution sous InDesign

Préparer son fichier d’exécution sous InDesign

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Votre création est fin prête à être envoyé à l’impression, mais vous vous posez cette importante question : quels sont les éléments à ne surtout pas oublier afin que le fichier soit accepté par l’imprimeur, et surtout qu’il n’y ait pas de mauvaise surprise à la sortie ?
Dans ce tutoriel, vous apprendrez toutes les étapes nécessaires à la confection d’un bon fichier d’exécution. C’est parti !

Sur les anciennes version d’InDesign, il était préférable d’exporter un fichier post script à partir du logiciel, puis de l’importer dans Distiller qui créait un .pdf à la norme. Aujourd’hui, Adobe ayant bien travaillé, les versions d’InDesign sont suffisamment performantes pour nous fournir des fichiers .pdf très bien pour l’impression.

 

Première étape : traiter les erreurs du fichier

La première chose à faire est à tout pris de vérifier que tous les éléments présents dans votre fichier ne manifestent aucune erreur. Pour cela, un outil simple dans Indesign peut vous donner le détail des erreurs si elles sont présentes : il vous indique par exemple s’il manque une typographie dans votre fichier, ou encore si le lien d’une image est manquant.Une erreurPas d'erreur

Seconde étape : vérification des contraintes techniques

C’est la partie la plus longue, mais lorsque vous aurez l’habitude, les automatismes vous feront gagner beaucoup de temps.
Pour s’occuper de la conformité de votre fichier, vous verrez que les contraintes techniques sont multiples, et à mon sens, voici dans l’ordre les choses les plus importantes à vérifier avant d’exporter votre fichier :

1/ Le format

En réalisant la création graphique de son fichier, nous sommes parfois amenés à changer de format pour plusieurs raisons : le client a changé d’avis, on passe d’un logiciel à l’autre trop vite, on recommencer son travail sur un nouveau fichier, etc… la probabilité de perdre le fil est telle qu’il est de votre responsabilité de vérifier systématiquement que votre fichier d’exécution est au bon format ! Vous ne pouvez pas vous permettre le moindre millimètre en trop ou en moins, au risque de vous voir refuser le fichier par le support, ou pire, qu’il soit négligemment accepté, puis imprimé et que votre création soit rognée et non conforme au support destiné.
Rendez-vous dans Fichier>Format de document pour vous assurer que ce paramètre est correct.

Par ailleurs, vérifiez dans le même temps dans la fiche technique fournie par le support s’il s’agit d’un format utile (pas de fonds perdus), ou d’un format plein papier (avec des fonds perdus). La plupart du temps, lorsque vous travaillez en format utile, il est inutile de fournir un .pdf avec les traits de coupe (logique), même si parfois, certains supports ou imprimeurs l’exigent. Pour les formats plein papier, la question ne se pose pas, on ajoute automatiquement des traits de coupe sans oublier de prendre en compte les fonds perdus.

Personnellement, concernant les fonds perdus, j’aime réajuster tous les blocs à l’intérieur pour que mon fichier soit propre ; cela permet notamment de prendre chaque bloc un par un pour les faire parvenir jusqu’au bord des fonds perdus sans risquer d’oublier un élément qui serait resté à la limite du format du document sans prendre en compte les fonds perdus.Vérification du format du document

2 / Le profil colorimétrique

Chaque écran, chaque logiciel, ou encore chaque imprimante sont paramétrés selon leur propre profil colorimétrique.

Il est indispensable que votre fichier d’exécution soit conforme au profil utilisé par l’imprimerie pour ne pas avoir de mauvaise surprise. Pour cela, si l’imprimeur ou le support vous a délivré une fiche technique, lisez là attentivement. Par exemple, pour une insertion dans « Le Monde des Livres », le profil requis est « ISO NEWSPAPER 26V4 ». Ce profil peut surprendre, car une fois appliqué à votre image, celle-ci devient soudainement très différente et fade. Pas de panique, c’est tout à fait normal : généralement, ce profil s’applique lorsque la papier sur lequel l’encre se dépose est extrêmement fin et donc rapidement saturé.

Le profil colorimétrique imposé par votre imprimeur peut généralement se télécharger rapidement sur internet.
Une chose que l’on oublie aussi souvent lorsqu’on travaille pour la presse, c’est d’adapter son logiciel de travail au profil demandé : lorsque vous vous occupez de l’exécution de votre fichier, le profil colorimétrique doit être appliqué non seulement sur les images importées dans le document Indesign, mais aussi sur l’espace de travail dans vos logiciels. Cela vous permet d’avoir l’aperçu le plus proche du rendu final une fois l’impression effectuée.

Pour vos logiciels de travail, il est très rapide de paramétrer le bon profil. Dans Edition>Couleurs, vous choisissez vous même le profil colorimétrique de votre espace de travail.Changer le profil de l'espace de travail du logiciel

Pour les images, il faut appliquer le profil sur Photoshop pour pouvoir ensuite les insérer en lien sur InDesign. En impression, ce n’est pas une nouvelle surprenante, on imprime en CMJN. Lors de la vérification de ce paramètre sur InDesign, vous pouvez déjà jeter un coup d’oeil dans la fenêtre Liens : en cliquant sur chacun d’entre eux, vous verrez apparaître leurs détails techniques, notamment leur profil (RVB ou CMJN). Attention à ne jamais laisser d’image en RVB ! S’il en reste une qui traîne, ouvrez-la sur Photoshop, et appliquez-lui le profil nécessaire à l’impression correcte de votre image. Pour cela, allez dans Edition>Convertir en profil et choississez le profil souhaité.Changer le profil colorimétrique d'une image

Si aucun profil colorimétrique n’est imposé ou indiqué, j’aime utiliser le profil Fogra39 qui, selon moi, gère très bien les couleurs, surtout le rouge que je trouve délicat à manipuler avec d’autre profils.

3 / Le taux de superposition (ou taux d’encrage) maximum

Il faut savoir que dans l’étape précédente, en appliquant un profil colorimétrique à son image, un taux de superposition y est également intégré. Néanmoins, lorsque le taux de superposition est spécifié, le profil appliqué à votre image se convertit automatiquement au profil SWOP (couché), 20%, GCR, Moyenne. C’est normal.
N’oubliez pas de lire dans votre fichier technique s’il existe un taux d’encrage maximum, afin d’éviter que votre image soit bouchée, c’est à dire que le papier soit si saturé en encre qu’aucune nuance n’apparaît, voire que ça coule de partout…
Pour appliquer le taux de superposition maximum, rendez-vous dans Edition>Convertir en profil, et choisissez dans le menu déroulant de l’espace de destination CMJN personnalisé. Vous pouvez alors entrer la valeur maximum dans la section Limite de l’encrage total. Pour plus de sécurité, n’hésitez pas à diminuer à valeur de 5% pour être certains que la limite d’encrage soit vraiment en dessous du maximum autorisé.Taux de superpositionEntrer le taux de superposition maximum

Pour vérifier que votre limite d’encrage est effective, il existe un outil très utile dans InDesign qui permet de visualiser les zones dont le taux de superposition dépasse la valeur que vous voulez.
Toutes les zones en rouge correspondent aux zones dont la limite d’encrage dépasse la valeur indiquée.Limite de taux d'encrage dépassée

4 / Vérifier son nuancier de couleurs

Maintenant que vous avez bien converti toutes vos images en CMJN, au bon profil, avec le bon taux d’encrage, il reste une dernière vérification à faire : le nuancier.
Celui-ci vous indique toutes les couleurs importées dans votre document InDesign, surtout si vous avez utilisé des couleurs Pantone par mégarde. Généralement, l’erreur classique consiste à importer un fichier Illustrator pour son logo par exemple, sans en vérifier le contenu. Sauf si l’imprimeur ne prévoit pas d’utiliser ses machines avec un pantone, celles-ci ré-interpréteront vos couleurs à leur sauce, et cela crée généralement des mauvaises surprises. Pour parler de mon expérience lors de mon premier stage, j’avais travaillé en pantone un bloc en opacité réduite à 20%, puis envoyé le pdf haute définition sans convertir le pantone en CMJN : résultat, la machine n’a pas compris ce qu’il fallait faire de cette couleur, et celle-ci est sortie en opacité 100%. Vous vous doutez que le client n’a pas apprécié puisque le BAT avait été fait à l’écran.
Assurez-vous donc de supprimer les pantones du nuancier en les convertissant en cmjn.

Dernière étape : exporter un .pdf Haute Résolution

Votre imprimeur est susceptible de vous demander plusieurs types de fichier : un .pdf Haute Résolution, un .eps, un .jpg, et parfois même le dossier assemblé de votre fichier de travail s’il considère qu’il doit faire des ajustements lui-même. C’est donc à vous de créer ces fichiers après avoir faire les vérifications nécessaires à son façonnage vues ensemble dans les étapes précédentes.
Dans ce tutoriel, je vous indique la marche à suivre pour créer un .pdf Haute Résolution.

Votre fichier .pdf haute résolution devra la plupart du temps être exporté à la norme PDF X-1a sauf en cas d’indication contraire.
Pour commencer à créer votre .pdf HD, aller dans Fichier > Exporter , entrer le nom souhaité pour votre fichier, puis suivez l’ordre des onglets pour entrer vos paramètres :

  • Dans la section Général, choisissez tout d’abord la norme PDF qui vous convient le mieux. Dans mon exemple, je choisie PDX X-1a qui est la plus « passe-partout » pour l’impression en haute définition. Pensez à vérifier quelles pages imprimer de votre fichier, et à bien déterminer si vous souhaitez un pdf en pages ou en planche (si on n’a qu’une page, inutile de cocher « planche », ça va de soi).Exporter en pdfExporter en pdf
  • Concernant la Compression, il est nécessaire de ne jamais descendre en dessous de 300 dpi (pixel par pouce). En deçà, vous détérioreriez la qualité de vos images. Généralement, si vous avez bien travaillé en paramétrant chaque image importée, elles doivent déjà toutes être à 300 dpi, donc pas la peine de sous-échantillonner. En cas de doute, ne touchez à rien et laisser le sous échantillonnage tel qu’il est déjà paramétré à 300 dpi minimum pour toutes les images supérieures à 450 dpi. Laissez la qualité d’image au maximum.Exporter en pdf - compression
  • Pour les Repères et fonds perdus, j’ai l’habitude de cocher Traits de coups et Repères de fonds perdus, car mes imprimeurs qu’on toujours demandé ces paramètres-ci sans avoir besoin des autres. Entrez à la main la valeur de vos fonds perdus.Exporter en pdf - repères et fonds perdus
  • Dans la section Profils > Conversion de la couleur, préférez sélectionner Convertir vers la destination en choisissant dans Destination le profil colorimétrique recommandé pour être certain que votre .pdf sera à la norme. En revanche, si vous avez du convertir vos images en prenant en compte une limite de taux d’encrage, préférez l’option Aucune conversion de la couleur, car vous êtes censé avoir déjà tout converti vous-même, image après image.Exporter en pdf - sortie
  • Dans la section Avancé > Applatissement des transparences, assurez-vous que Haute résolution soit bien sélectionné.Exporter en pdf - Avancé
  • La section Protection vous sert à protéger votre fichier en y appliquant un mot de passe à entrer à l’ouverture.Exporter en pdf - protection
  • Comme son nom l’indique, la Synthèse récapitule l’ensemble des paramètres que vous avec choisi dans les étapes précédentes.

Il ne vous reste plus qu’à cliquer sur exporter votre fichier.Exporter en pdf - synthèse

 

Petite astuce

Pour voir l’avancement de l’exportation du pdf, vous pouvez vous rendre dans Fenêtre > Utilitaires > Tâches en arrière plan.

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